le dindon de la farce
- Stacy Alice

- 4 janv. 2019
- 3 min de lecture
Chapitre 2
La porte s’ouvre à la volé pour laisser apparaître Leia, le regard fou et les cheveux en bataille. Avec sa jolie petite robe rouge et son serre-tête à grelots, elle ressemble à une échappée de l’asile.
— Swan ! s’exclame-t-elle avec soulagement en me prenant dans ses bras.
Une odeur de brûlé me vient aux narines et j’aperçois une fumé blanche sortant de la cuisine avant que Noah, son fiancé, n’en émerge en toussant.
— L’incendie a été maîtrise, déclare-t-il à la cantonade avant de tourner son regard vers nous.
Dans mes bras, je sens Leia qui sanglote.
— C’est une catastrophe !
— Mais non, on va rattraper ça, dis-je pour la rassurer tout en la poussant vers la cuisine.
Noah, vêtu d’un élégant pantalon sombre et d’une chemise bordeaux surmontée d’une cravate, m’attrape au passage pour me faire la bise.
— Merci d’être là, me glisse-t-il à l’oreille alors que sa fiancée marmonne en me tirant vers la cuisine.
Je n’ai pas le temps d’apercevoir les autres invités. Mon instinct de cuisinière étoilée se concentre sur la catastrophe qui m’attend alors que nous traversons le salon et gagnons la cuisine. Mais tout à coup, derrière nous, Noah éclate de rire, attirant l’attention de tous sur mon père noël, qui le regarde avec un air blasé. Les mains sur les hanches, il secoue légèrement la tête, un petit sourire sur les lèvres alors que les autres rient à gorge déployée devant son accoutrement.
— OK ! OK ! Tu m’as bien eu, régale-toi, dit-il en écartant les bras.
Il fait un tour sur lui-même, se donnant un peu en spectacle, et lorsqu’il croise mon regard, il m’accorde un sourire et un clin d’œil qui font flancher mes genoux. Vraiment très intéressant ce Père Noël. Mais je n’ai malheureusement pas le temps de continuer ma contemplation, Leia me tire à nouveau vers le désastre.
— La dinde a cramée, m’annonce-t-elle d’un air boudeur en regardant la carcasse noire qui gît sur le rebord de la fenêtre.
— Je vois ça.
— Dis-moi que tu peux faire quelque chose, me supplie-t-elle en prenant mes deux mains pour y mettre plus de drame.
Qu’est-ce que je ne ferais pas pour elle ?
— Je vais essayer de faire quelque chose.
— Oui ! cire-t-elle en me prenant dans ses bras. Merci ! Merci ! Merci ! Dis-moi ce que je dois faire !
Remontant les manches de sa robe, elle redresse son tablier au visage du Père Noël, prête à combattre. Avec un regard circulaire sur le chantier qu’est cette cuisine, je ne suis pas certaine de savoir quoi lui confier comme mission.
— D’abord, il faut faire de la place, dis-je en désignant le plan de travail du plat de la main.
— Ok ! Je peux faire ça, déclare-t-elle avec conviction.
Sans attendre, elle attrape un sac poubelle et balance tous les déchets pendant que je dépose les ustensiles souillés dans le lave-vaisselle.
— Besoin d’un coup de main ?
Je sursaute après avoir refermé le lave-vaisselle. A l’entrée de la cuisine, un grand brun à la peau dorée, aux fossettes craquantes et au sourire charmeur, nous observe sous son bonnet rouge. Sentant mes joues chauffer, je me mords la lèvre et secoue lentement la tête pour lui signifier que non. Si le Père Noël reste dans cette cuisine, je ne suis pas certaine de réussir à cuisiner.
— Noël, soupire Leia.
Elle va le prendre dans ses bras, lui fait la bise, puis lui pince les joues.
— Il faudra que tu apprennes un jour à ne pas l’écouter, lui conseille-t-elle.
Il se frotte l’arrière de la tête, gêné mais amusé.
— Ouais, il faudrait, mais ça serait moins drôle, ajoute-il en haussant une épaule.
Son regard revient vers moi, ce brun chaud brillant sous la lumière. Je n’ai toujours pas bougé, je ne sais même pas ce que je dois faire de mon corps.
— Vous êtes la fameuse Swan dont Leia nous parle tout le temps j’imagine ?
Pourquoi cela sonne-t-il comme le plus beau compliment de la terre venant de ses lèvres ? J’ai l’impression d’être une groupie devant son chanteur préféré, sauf que je ne suis pas ce genre de fille. Il faut que je me reprenne, ce n’est qu’un homme !
— Euh… Je…
— Oh oui ! C’est elle ! me coupe Leia. La meilleure qui soit ! Maintenant, Noël, laisse-la faire ses merveilles dans ma cuisine, tu pourras la draguer plus tard.
Oh non, elle a pas dit ça. J’ai envie de me cacher sous une casserole. Et est-ce qu’il s’appelle vraiment Noël ?
Alors qu’elle essaye de le pousser vers le salon, nos regards se croisent et Noël, si c’est son prénom, m’envoie un clin d’œil joueur avant de disparaître.
Bordel ! Il se passe quoi ce soir ? J’ai l’impression que c’est moi la farce dans cette histoire.

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